Deux millions d’Haïtiens aux abois à l’étranger, dix millions en danger en Haïti, le CPT s’en moque
Le couperet est tombé.
Par Frantz Duval 27 juin 2025
Le couperet est tombé. Les cinq cent vingt mille Haïtiens sous statut temporaire de protection aux États-Unis d’Amérique seront hors la loi à partir du 2 septembre 2025 s’ils n’ont pas un autre statut.
Un nombre presque aussi important ne bénéficie plus des avantages du programme Biden.
Sortir des USA tous les Haïtiens qui y vivent sous un statut temporaire. Ainsi en a décidé l’administration du président Donald Trump. C’était annoncé. C’est effectif.
De l’autre côté de l’île, en République dominicaine, la chasse aux plus d’un million de nos compatriotes qui y vivent sans statut légal s’est intensifiée ces derniers mois et chaque image de bastonnade, d’humiliation, d’emprisonnement est plus révoltante, plus navrante, l’une que l’autre. Nos autorités n’ont que des indignations naïves et ne proposent que des solutions négligeables, très provisoires, comme la mise à disposition de bus pour ceux qui souhaitent s’auto rapatrier.
Tous nos compatriotes qui ont fui le pays ces dernières années l’on fait à cause des problèmes sécuritaires qui ont détérioré les conditions de vie, l’activité économique, la vie sociale et l’éducation. La violence des gangs et la mal gouvernance ont rendu le pays invivable.
Et que font les responsables chargés de résorber le gouffre en perpétuel agrandissement qui annihile l’espoir et l’avenir en Haïti ? Rien.
Pas une fois les membres du Conseil Présidentiel de Transition (CPT) ou leurs représentants n’ont cherché à mener de vraies négociations avec la République dominicaine pour défendre le cas des Haïtiens. Quand les contacts sont établis, par maladresse, arrogance ou manque d’expérience, la partie haïtienne tombe dans tous les pièges réservés aux débutants de la diplomatie. Résultats : rien n’avance, aucun pont ou ligne de communication n’est en construction avec nos voisins.
Avec les États-Unis d’Amérique, la situation est encore plus désolante. Aucune tentative de rencontrer le président Donald Trump n’a été entreprise par les autorités haïtiennes. Ni avant ni pendant la campagne présidentielle. Aucune rencontre n’a eu lieu avec lui. On doute même qu’il y ait eu des sollicitations depuis son investiture le 20 janvier 2025.
Le sort des Haïtiens de la diaspora importe peu à nos chers chefs.
Combien de fois a-t-on vu nos prétendus présidents et nos soi-disant diplomates partager des photos pathétiques avec des autorités étrangères qui n’ont aucune prise sur la crise haïtienne ni sur la situation légale des Haïtiennes et Haïtiens de l’étranger ? Il existe dans l’album de la nullité diplomatique de nos chefs des centaines de photographies inutiles.
Combien de fois a-t-on vu nos chefs avec les acteurs qui pèsent sur la vie de nos compatriotes ? Combien de fois a-t-on lu une lettre, une demande, une tentative d’explication pour défendre le sort des Haïtiens de l’étranger ?
La réponse est simple et claire : il n’y a aucune pièce au crédit de la bataille pour protéger et défendre les Haïtiens de l’étranger ni dans les pays où ils sont pourchassés ni dans les pays où ils risquent de l’être.
Le sort et l’avenir des Haïtiens en Haïti comme à l’étranger n’intéressent pas nos dirigeants. Car oui, ce sont les mêmes incapables qui laissent le sol national se transformer en enfer qui ne font rien pour que l’exil soit une option.
L’administration Trump va mettre en grandes difficultés de nombreux haïtiens actuellement aux Etats Unis.
Cela risque de concerner probablement quelques jeunes accompagnés par l’ahfadem qui ont migré aux USA ces dernières années.
Nous suivons cette situation de très près.
Bien cordialement