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Haïti qualifiée ! Poème de victoire et d’espérance

Haïti s’est levée ce soir,
comme un tambour qui résonne dans la nuit,
comme une flamme sortie des décombres
pour dire au monde :
« Je suis vivante ! »

Nos joueurs — sans stade, sans moyens, sans armes —
ont porté dans leurs muscles la mémoire de nos ancêtres.
Ils ont couru comme on court vers la liberté,
ils ont frappé comme un peuple qui refuse la honte,
ils ont joué comme on prie :
avec le cœur entier.

Et le Nicaragua est tombé
comme tomba jadis l’arrogance de Bonaparte.
Car quand Haïti se bat
avec son âme debout,
même les montagnes se mettent au garde-à-vous.

Vertières a rejailli sur le terrain.
Le souffle de nos héros a traversé la pelouse.
Dessalines a murmuré dans le vent :
« Fè sa pou yo wè nou vivan ankò ! »
Et nos jeunes l’ont entendu.

Dans un pays dépouillé de tout —
sans infrastructures,
sans budgets,
sans sécurité,
sans les honneurs du monde —
il nous reste la seule richesse que nul ne peut voler :
l’élan guerrier,
la dignité farouche,
la fierté haïtienne qui brûle jusque dans le sang.

Haïti a gagné !
Non seulement un match,
mais un rappel au monde que
la résilience est notre drapeau,
la souffrance notre école,
et l’espérance notre arme.

Bravo Haïti !
Mèsi pou flanm lan nou pote nan kè nou !
Mèsi paske nou fè nou sonje
ke menm nan fè nwa,
yon pèp ki leve pa janm tonbe.

Haïti qualifiée !
Et ce soir,
comme en 1803,
nos voix montent vers le ciel :
« Nou la ! Nou pap janm kraze !
Vertières vivan !
Haïti ap toujou genyen lè li chwazi espwa ! »

Texte de Monseigneur Dumas